L'ail des Ours
L’ail des ours est une plante assez simple à identifier. Mais il y a cependant quelques risques de confusion avec certaines plantes qui sont très toxiques et les cas de personnes qui se sont gravement intoxiquées en croyant avoir cueilli de l’ail des ours ne sont pas si rares.
Je vais donc essayer de vous expliquer comment le reconnaître à coup sûr.
L’ail des ours est une plante de mi-ombre. Il pousse dans les sous-bois de feuillus au tout début du printemps, avant que les arbres n’aient fait leurs feuilles. Il apprécie les sols frais et humides et peut pousser jusqu’à 1600m d’altitude. Il pousse en colonie et verdit littéralement les sous-bois lorsqu’il a trouvé un endroit qui lui convient.
Les feuilles sont lancéolées (c’est à dire allongées et pointues), mais assez larges vers le milieu. Elles sont entières (c’est à dire que les marges du limbe sont droites). Elles peuvent mesurer jusqu’à 30 voire 40 cm de long. Les nervures sont parallèles. C’est à dire que toutes partent de la base du pétiole pour se diriger vers le sommet et seule la nervure centrale est bien visible, les autres sont nettement plus discrètes. La nervure centrale est blanche et légèrement saillante sur l’arrière de la feuille. La feuille est d’un vert luisant sur le dessus et d’un vert plus mat sur le dessous. Enfin elle possède un long pétiole blanc… et surtout, lorsqu’on frotte la feuille on sent l’odeur caractéristique d’ail sur ses doigts. D’ailleurs certains jours de beau temps c’est le sous-bois entier qui sent l’ail tellement le parfum de la plante est prononcé. Les feuilles sont généralement groupées par 2 et sortent d’un petit oignon qui se trouve sous terre. Si on tire sur de toutes jeunes feuilles, on arrive facilement à extraire l’oignon minuscule de terre. Et si vous regardez sous les touffes de feuilles vous trouverez probablement un bouton floral pointu qui cache les futures jolies fleurs blanches.
Ces fleurs blanches sont d’une incroyable élégance. Elles sortent un peu plus tard et rendent l’identification de l’ail des ours nettement plus simple. La tige florale est anguleuse. Les fleurs sont groupées en ombelles. Chaque fleur possède 6 pétales pointues qui lui donnent l’apparence d’une étoile blanche, ainsi que 6 étamines blanches également.
On voit très vite apparaître à la base du pistil le fruit composé de 3 loges vertes.
La fleur est également comestible et savoureuse.
Attention, il existe 3 plantes toxiques assez similaires qui poussent à la même période et dans le même milieu et qui pourraient se glisser au milieu de notre ail des ours.
L’arum par exemple. Il a des feuilles hastées c’est à dire pourvues de 2 pointes à sa base mais ça n’est pas le cas lorsqu’il est plus jeune. Par contre ses nervures ne sont pas parallèles mais fortement un réseau et c’est comme ça que vous le reconnaîtrez… si vous êtes vigilants.
Le muguet pousse généralement un peu plus tardivement, mais au même endroit et il lui ressemble. Si ce n’est que la feuille est plus ferme au toucher et plus matte sur le dessus. Les feuilles sont généralement groupées par deux, parfois par trois et engainées l’une dans l’autre dans une gaine souvent violacée ou brune. A la base de la hampe, on ne trouve pas un oignon comme chez l'ail des ours, mais un rhizome. Par ailleurs le muguet ne sent pas l’ail mais sa fleur a une odeur également assez marquée et nettement plus agréable. Et lorsqu’il fleurit, en principe vers le 1er mai, (mais bien souvent un peu plus tard) ses fleurs se présentent sous l’aspect de grappes unilatérales de jolies clochettes blanches.
Le colchique quant à lui, pousse plutôt dans les prés que dans les sous-bois mais qu’on peut trouver en lisière de forêt. Ses feuilles n’ont pas de pétiole, pas de nervure blanche marquée et sont plus rigides, plus allongées à maturité et plus étroites. La pointe des feuilles de colchiques est par ailleurs plus arrondie. Les feuilles sont groupées par 3 et imbriquées l’une dans l’autre. La jolie fleur rose de colchiques n’apparaît qu’à l’automne et à ce moment-là les feuilles ont disparu et la fleur apparaît seule. Elle est tout aussi toxique que les feuilles.
Vigilance donc lorsque vous partez cueillir de l’ail des ours!

L’ail des ours se prête à une incroyable variété de recette: pesto, quiche, potage, cake, omelette, gratins... les possibilités sont infinies. Le plus dur est souvent de choisir!! Je vous propose donc aujourd’hui une tartiflette revisité version végétarienne à l’ail des ours. Cuire à l’eau 2 kg de pomme de terre. Lorsque les pommes de terre sont cuites, les éplucher et les couper en morceaux. Laver 2 grosses poignées d’ail des ours. Couper-les en morceaux et faites-les revenir quelques minutes dans une poêle huilée avec un oignon émincé. Saler et on poivrer. Vous pouvez éventuellement ajouter quelques champignons poêlés. Disposer ensuite dans un moule à gratin, en alternance, des pommes de terre et le mélange de légumes. Verser sur le tout 250 ml de crème fraîche. Saler et poivrer à nouveau. Recouvrir le tout avec des lamelles de reblochon fermier. Mettre au four préalablement chauffé à 180 degrés pendant 30 minutes. ( le reblochon doit avoir bien doré, sinon poursuivre la cuisson) Accompagner ce plat d’une belle salade verte ou d’une belle salade de jeune pousses.
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